Étonnements rapides et durables

Ahanements d'octets austraux

 Qui a nourri le crocodile ?

Extraits de la plaidoirie de Me Richard Malka, un des avocats des parties civiles, lors du procès des attentats de Janvier 2015 à Paris.

Comment en est-on arrivé là ? Qu’est-ce que cette nouvelle guerre qui oppose des dessinateurs avec leurs crayons, des enseignants avec leur tableau, à des fanatiques armés de kalachnikovs ou d’ustensiles de boucherie ? Par quel enchevêtrement d’idées, de discours et d’errements en est-on arrivé à ce que, pour la première fois dans le monde occidental depuis la fin de la guerre, un journal soit décimé, avant de devoir se retrancher dans un bunker à l’adresse secrète ? Qui a nourri le crocodile en espérant être le dernier à être mangé ? Parce que c’est toujours la même chose : quand on est confronté à la peur, certains choisissent de pactiser.

(...)

Le compte à rebours s’est déclenché à Amsterdam le 2 novembre 2004. Theo Van Gogh était un journaliste et un réalisateur pas sympathique. En 2004, il réalise Submission pour dénoncer la soumission des femmes dans l’islam. Le 2 novembre 2004, il est abattu dans une rue d’Amsterdam de huit balles dans le corps par un jeune islamiste de tendance takfiriste [une sous-branche du salafisme]. Ensuite il est égorgé, et on lui plante deux poignards dans le torse. Sur l’un de ces poignards, un petit mot de menaces de mort contre les juifs. C’est la matrice de 2015 et de ses deux obsessions : la liberté d’expression et l’antisémitisme.

A la suite de cet assassinat, un autre écrivain, danois cette fois, Kare Bluitgen, veut écrire un livre sur la vie de Mahomet dans un souci pédagogique à destination de la jeunesse. Il cherche un illustrateur. Tout le monde refuse. La peur a déjà gagné. Alors, le 17 septembre 2005, il écrit dans un journal pour dénoncer l’autocensure dès qu’il s’agit de l’islam. Flemming Rose, rédacteur en chef des pages culture du Jyllands-Posten, un journal de centre droit qui serait l’équivalent chez nous du Figaro, va demander au syndicat des caricaturistes danois comment il représente Mahomet. Le 30 septembre 2005, ces caricatures sont publiées. Pendant deux mois, il ne se passe pas grand-chose.

Cette affaire ne va prendre sa véritable ampleur qu’à raison d’une escroquerie à la religion. Elle a été commise par des imams danois de la mouvance des Frères musulmans, essentiellement des salafistes. En décembre 2005, ces imams partent faire le tour des capitales arabes. pour mobiliser les États musulmans contre ces méchants danois islamophobes. Et pour le prouver, ils constituent un dossier, comprenant les caricatures. Ce dossier, on l’a récupéré.

Le problème, c’est que dans ce dossier, ils ont ajouté trois dessins qui n’y figuraient pas [Me Malka les montre]. Deux d’entre eux viennent d’un site de fous furieux, des suprémacistes blancs américains. Un autre vient de France, il n’a rien à voir avec l’islam, c’est un dessin sur la Fête du cochon à Tulle en Corrèze. Et les imams disent :  Voilà comment on représente l’islam en Occident.  Et alors là évidemment, sur le fondement de cette supercherie, de cette mystification, le monde s’embrase. Et il y a des manifestations, des morts, des drapeaux brûlés. Ils ont allumé le feu et ils nous traitent d’incendiaires ? Alors oui, c’est dur d’être aimé par des cons d’intégristes mais c’est encore plus triste d’être instrumentalisé par des escrocs !

(…)

Alors l’histoire du blasphème en France, je vais vous la raconter.

En 1789, la liberté d’expression est proclamée comme un des droits les plus précieux de l’homme. Deux ans plus tard, on sort le blasphème du code pénal. En 1881, on vote la grande loi sur la liberté de la presse. Les débats font rage à l’Assemblée et c’est frappant de constater à quel point ils se focalisent sur ceux d’aujourd’hui : le dessin et la religion. C’est comme si Charlie Hebdo existait déjà !  Dieu se défendra bien lui-même, il n’a pas besoin pour cela de la Chambre des députés ! , répond Clemenceau à l’évêque d’Angers qui invoque la blessure des catholiques outragés.

(…)

Mais alors comment on fait pour sortir l’islam de cela ? Il faudrait le sortir du pacte républicain ? Il faudrait dire, non, il n’y a qu’une religion qui devrait avoir un traitement de faveur, qu’on ne pourrait pas caricaturer, et ce serait l’islam ? Ce n’est pas possible. Le combat de Charlie Hebdo, c’est aussi un combat pour la banalisation de l’islam. C’est un combat pour qu’on regarde cette religion comme une autre. Qu’on la traite comme une autre. En faire une exception, c’est évidemment le pire service qu’on pourrait lui rendre.

(…)

Toutes les caricatures dont nous avons parlé ici ne sont pas des caricatures de la religion, ce sont des caricatures du fanatisme religieux, de l’irruption de la religion dans le monde politique.

Source : Le Monde.fr, édition du 5 décembre 2020

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 Collectif Pangolins

En cas de danger, le pangolin rabat sa tête entre ses pattes antérieures et s'enroule sur lui-même. Il tente de blesser l'assaillant en hérissant ses écailles. En captivité, son espérance de vie ne dépasse guère quelques mois, et ce pour des raisons liées à son alimentation, à sa santé et à son comportement.

Nous ne le savions pas, mais nous sommes tous semblables à des pangolins. Sans guère plus de moyens de défense qu'il y a quelques semaines, nous voici contraints de nous extraire d'une captivité involontaire sous peine d'en mourir. Défi et opportunité, aussi bien collectives qu'individuelles.

Pour nourrir l'âme, sept exemples de réinvention ci-après :

Parce que le confinement est moins pénible à vivre sous nos cieux : Ny lanitra mangamanga par le Choeur Picpus'inging.

Pour l'authenticité : La tendresse.

Pour les petites touches d'humour anglais : Times Like These produit par la BBC.

Parce qu'à la française, l'humour, ça donne une reprise de « Michel Fils de Jacques » : Soigne le monde joué par Les Franglaises.

Pour le petit surplus d'énergie que ça me donne : Higher Love par Keith Urban.

Parce que c'était à mes yeux la bonne surprise du concert Together At Home organisé par Global Citizen pour l'OMS : Billie Eilish et son frère Finneas interprètent Sunny.

Parce qu'au fond, le le collectif Playing For Change a été l'inventeur du concept il y a déjà 15 ans : Soul Rebel avec Bunny Wailer et Manu Chao.

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 Léon

Léon Rajaobelina, c'était un peu mon père en écologie. Mieux que quiconque, il m'avait fait comprendre les liens entre la nature et le développement humain, et il m'avait éclairé sur le pourquoi et le comment de la politique à long terme de protection de l'environnement à Madagascar.

Politique ambitieuse qu'il défendait avec conviction, sans ignorer les difficultés dans sa mise en œuvre.

Inspirateur et fondateur de la Fondation pour les Aires Protégées et la Biodiversité de Madagascar, il lui a donné non seulement une direction, mais aussi une âme et une éthique. Il a apporté à la FAPBM son immense expérience de financier, de diplomate, de passionné de la nature et de grand commis de l'État. Sans même parler de son immense carnet d'adresses, sans lesquels la Fondation ne serait certainement pas ce qu'elle est aujourd'hui.

Rigoureux, il n'en était pas moins bienveillant. Exigeant, il n'en était pas moins souriant. Plein d'expérience, il n'en était pas moins discret.

J'aime beaucoup cette photo prise en juin 2015, à la fin de la soirée de célébration des dix ans de la FAPBM. Elle me rappelle que les personnalités doivent avoir la grandeur de s'effacer derrière les institutions qu'elles ont l'honneur de servir, mais aussi que la présence de fortes personnalités n'est pas indifférente au succès des institutions.

Trois présidents de la FAPBM

Léon m'avait fait part de sa maladie il y a quelques semaines. Le choc de son décès n'en reste pas moins immense.

Qu'il repose en paix, et que sa famille puisse trouver le réconfort.

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 Panthéon

L'histoire de cette femme est étonnante et incroyablement riche en leçons.

En ce qui me concerne, j'avais été particulièrement frappé par la découverte relativement tardive du fait qu'elle était une survivante de la Shoah. J'admirais (et j'admire toujours) le fait que malgré ces terribles épreuves, le ressentiment ou la haine n'ont eu aucune prise sur elle.

Ce douloureux épisode de sa vie a semble-t-il été à l'origine de ses convictions pro-européennes. «Si je m'engage aussi pleinement sur la question de l'Europe, c'est pour tirer la leçon de mon passé», disait-elle dans un discours du 5 juin 1979. «Le fait d'avoir fait l'Europe m'a réconciliée avec le XXe siècle», assurait-elle encore.

Depuis 48 heures, les appels à ce que Simone Veil entre au Panthéon se multiplient. N'étant pas Français, j'évite de me prononcer dessus.

Le 10 janvier 2007, elle y prononçait toutefois un discours remarquable, qui la fait entrer encore plus dans mon Panthéon personnel.

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 Disposer d'une clé USB de secours pour flasher le BIOS

L'une des choses qui parait les plus effrayantes lorsqu'on commence à travailler de très près un matériel PC est le flashage du BIOS. C'est ce que je me suis aventuré à faire si vous avez lu les épisodes précédents.

Cela n'est largement plus un problème avec les cartes Gigabyte qui disposent d'un double BIOS. Si pour une raison ou une autre, quelque chose a été loupé et la machine n'arrive pas à démarrer correctement, elle bascule automatiquement sur le BIOS de sauvegarde (celui qui a été précédemment flashé et qui a réussi à démarrer).

Néanmoins, je n'ai pas abordé mes tests avec les BIOS F20 ou plus récents sans quelque appréhension. Selon le site internet de Gigabyte, il ne serait pas possible de revenir vers des versions antérieures à la F20 une fois celle-ci installée.

Sauf qu'il y a quand même une solution pour le faire, et cela passe par une clé USB de secours pour démarrer sous MS-DOS ou assimilé afin de sauvegarder le BIOS actuel et éventuellement le (re)flasher. Ceci est mon aide-mémoire sur la façon de créer une telle clé sous FreeDOS.

1. Télécharger et décompresser une image disque directement exécutable de FreeDOS. J'ai trouvé la mienne ici, et elle s'appelle fdos11.img.

2. Formater avec "Utilitaire de disque" une clé USB ayant au moins un gigaoctet de capacité, au format "MS-DOS (FAT)", schéma "Enregistrement de démarrage principal (MBR)"1.

3. Transférer l'image disque sur la clé USB. On pourra utiliser un utilitaire comme Etcher ou plus traditionnellement en repérant le point de montage de la clé USB et en utilisant la commande dd selon la séquence suivante.

$ diskutil list
/dev/disk0 (internal, physical):
   #:                       TYPE NAME                    SIZE       IDENTIFIER
   0:      GUID_partition_scheme                        *500.1 GB   disk0
   1:                        EFI EFI                     209.7 MB   disk0s1
   2:                  Apple_HFS Macintosh HD            499.2 GB   disk0s2
   3:                 Apple_Boot Recovery HD             650.0 MB   disk0s3

/dev/disk1 (internal, physical):
   #:                       TYPE NAME                    SIZE       IDENTIFIER
   0:      GUID_partition_scheme                        *3.0 TB     disk1
   1:                        EFI EFI                     209.7 MB   disk1s1
   2:                  Apple_HFS SNAPSHOT                511.3 GB   disk1s2
   3:                  Apple_HFS BACKUP                  2.0 TB     disk1s3
   4:                  Apple_HFS ARCHIVES_LT             488.7 GB   disk1s4

/dev/disk2 (external, physical):
   #:                       TYPE NAME                    SIZE       IDENTIFIER
   0:     FDisk_partition_scheme                        *2.1 GB     disk2
   1:                 DOS_FAT_32 USB-STICK               2.1 GB     disk2s1

$ diskutil unmountDisk /dev/disk2
Unmount of all volumes on disk2 was successful
$ sudo dd bs=1m if=/chemin/du/fichier/fdos11.img of=/dev/disk2

4. Recopier le contenu de cette archive à la base de la clé2.

5. Redémarrer et entrer dans le BIOS. Si ce n'est déjà fait, sauvegardez votre profil actuel ("Save & Exit", "Save Profiles").

6. Réamorcez à partir de la clé ("Save & Exit", "Boot Override", "General UDisk 5.00").

7. Les plus anciens savoureront un petit moment de nostalgie en redécouvrant les écrans du DOS… Lisez les instructions à l'écran et tapez : fpt -d bios.sav pour sauvegarder sur la clé USB votre BIOS actuel et l'ensemble de sa configuration.

8. Une fois l'opération de sauvegarde terminée avec succès, il ne reste plus qu'à redémarrer avec un reboot ou la bonne vieille combinaison de touches Control-Alt-Del…

Nous disposons maintenant d'une bonne solution de secours. Si vous voulez retrouver votre BIOS "antique", il vous suffira de refaire l'étape 6 et suivre les instructions à l'écran…

L'espace disque nécessité par FreeDOS étant ridicule par rapport à la capacité des clés USB actuelles, je me dois de citer une méthode alternative. Formatter la clé comme précédemment, utiliser UNetbootin pour rendre la clé amorçable et y installer un LiveCD qui pourrait vous être utile3. Ensuite, recopier sur la clé successivement les contenus de l'image disque fdos11.img et de la petite archive déjà cités précédemment. Par la suite, rechercher où se trouve le fichier syslinux.cfg et rajouter au bon endroit une entrée de ce genre :

LABEL FreeDos
  # MENU DEFAULT
  # MENU HIDE
  MENU LABEL Load FreeDOS 1.1 (8086+, FAT32)
  # MENU PASSWD
  TEXT HELP
  Load FreeDOS now
  ENDTEXT
  com32 /fdos/bin/chain.c32
  append freedos=/fdos/bin/kernel.sys

Le reste sans grand changement pour les étapes 6 à 8, sauf que le secteur d'amorçage devrait s'appeler "Generic USB driver" ou quelque chose d'approchant.


  1. Il faut parfois s'y prendre à plusieurs fois pour y arriver. ↩

  2. Certains fichiers de cette archive ont été récupérés de l'adresse http://www.mediafire.com/file/p66jhts7cfi26y8/fpt_DOS-Z170.zip ↩

  3. Pour ma part, j'ai installé GParted. ↩

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 Jirōkaki, bilan performance/prix

Ceux qui auront lu depuis le début auront sans doute compris que le côté performance ne m'a pas vraiment accaparé dans cette démarche de construction d'un hackintosh. Contrairement à d'autres, je ne suis pas un gamer sous Windows en quête du matériel le plus récent et le plus performant… J'ai retenu une configuration à base de Skylake un peu par défaut et parce que l'économie d'énergie me donnait meilleure conscience. Mais si d'ici Madagascar j'avais eu accès à un large marché de l'occasion pour les composants PC, le souci du développement durable aurait sans doute passé par une démarche récupération et recyclage qui aurait par ailleurs très probablement facilité la configuration logicielle.

Alors si j'ai eu envie de faire un petit bilan performance, c'est avant tout pour vérifier que tout marche correctement. Il y avait en effet de quoi s'étonner de ne jamais voir le ventilateur de la carte mère s'activer, comme si cette carte graphique ne travaillait pas… D'autant que les utilitaires disponibles pour suivre en temps réel l'activité de la carte graphique (XRG et iStat Menus) affichaient des données contradictoires sur le type de carte utilisée.

Alors, que disent les benchmarks ? J'ai rapproché mes mesures de celles disponibles sur MacGeneration.

Benchmarks orientés CPU et cartes graphique
iMac Retina 21,5" Core i5 3,1 GHz fin 2015 iMac Retina 27" Core i5 3,2 GHz fin 2015 iMac Retina 27" Core i7 4,0 GHz fin 2015 Jirōkaki Core i5 3,5 Ghz
Geekbench 4 simple cœur 3 788 3 956 4 450 4 573
Geekbench 4 multiples cœurs 12 690 12 110 17 439 11 347
Unigine Valley benchmark (Ultra, antialiasing x8, 1080 p)  4,9 22,6 28,3 33,4
LuxMark 2 OpenCL (CPU+GPU, Sala Scene) 424 976 1 383 1 710
Cinebench R15 (OpenGL) 47,08 94,10 108,15 101,83

Globalement, il y a largement là de quoi être rassuré. Tout n'est pas très homogène1, il y a peut-être encore de quoi optimiser la configuration logicielle (sans même aborder les rives un peu dangereuses de l'overclocking matériel), mais la machine tient son rang et la carte nVidia répond bien présente même si son élévation de température reste si limitée que son ventilateur tourne à peine…

Mais une autre conclusion s'impose, et celle là est économique. Ma configuration m'a coûté à l'époque un peu plus de 1 350 €. Avec la fluctuation du dollar et des prix de la mémoire, son prix actuel France serait proche de 1 415 €. Mais si j'avais dû rajouter le prix d'un clavier Apple (Magic Keyboard ou clavier USB avec pavé numérique), d'un Magic Trackpad et surtout le prix d'un écran comparable à ceux des iMacs présentés ci-dessus, j'aurais sans doute regretté d'avoir monté un hackintosh.

En fait, au vu du prix d'un bon écran 5K, les iMac 27 pouces Retina sont d'excellentes affaires !

Je continue à trouver relativement chers les Macs actuellement disponibles au catalogue Apple, mais leur prix me paraît quand même plus logique que je ne le pensais auparavant. Car la qualité des composants et de la finition n'est pas la même. On a tendance à comparer les fiches techniques des hackintosh à celles de Macs de haut de gamme, mais lorsqu'on ouvre les capots et qu'on y regarde de plus près, force est de constater qu'il y a quelques différences sensibles… Et lorsqu'on doit brancher et débrancher souvent les périphériques d'un hackintosh, on se dit que ces fabricants de PC sont bien arriérés !

Monter un hackintosh m'a ainsi permis de réaliser de manière moins abstraite qu'il y a dans un Mac de la vraie R&D spécifique à Apple, parce que le constructeur à la pomme a cherché à devancer le reste du marché dans certains domaines, notamment l'économie d'énergie ou la gestion de certains périphériques. Cela se traduit par des fonctionnalités qu'un hackintosh ne parvient toujours pas à reproduire aujourd'hui (exemple : pas de hot plug de périphériques Thunderbolt sur un hack), mais cela trahit aussi des spécificités matérielles qui doivent contribuer à renchérir le prix sortie usine d'un « vrai » Mac.

Le problème est que ces spécificités doivent être amorties sur un bien plus faible nombre de machines que dans le modèle économique de l'iPhone, modèle où qui plus est, le haut de gamme de l'année passée (6s ou 6s Plus) peut devenir le milieu de gamme de cette année. Pas facile de faire ça avec les Macs où les nouveaux modèles poussent plutôt les anciens vers la sortie…

Du coup, je me dis que si j'étais à la place d'Apple, je serais assez tenté de casser la compatibilité de macOS afin de pouvoir réaliser des économies d'échelle en mutualisant un plus grand nombre de composants avec les iDevices… Cela ferait sûrement crier beaucoup d'utilisateurs, mais n'est-ce pas la voie de l'avenir ?

J'espère qu'une autre voie sera également explorée par Apple : dé-{bundler} écran et unité centrale et chercher à être compétitif en build to order dans un format boîte à pizza. Ce serait une vraie démarche écologique, car elle permettrait de mieux adapter les machines aux besoins réels des utilisateurs et de conserver plus longtemps les périphériques.

Oui, les dirigeants d'Apple sont bien placés pour savoir que la modularité ne paie pas toujours, mais les années ont démontré que le Mac ne doit pas être vu comme un simple iPad. Par ailleurs, la lente décroissance des ventes de ce dernier permet de rappeller à Tim Cooke et à ses collègues que même dans les pays très urbains, il y a toujours une demande pour les SUVs et camionnettes.


  1. Faut-il encore accuser les mémoires, disposées en single channel dans la performance CPU en multiple cœurs ? ↩

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 Jirōkaki, premier bilan et résumé

À la demande pressante de la foule (bon, n'exagérons rien, juste une poignée de geeks), je fais un bilan et un résumé de la vie avec un hackintosh. Pour ceux qui ont manqué les épisodes précédents, ils portaient sur le pourquoi de la chose et le choix du matériel.

Il ne s'agit pas d'un guide complet (je déconseille d'ailleurs formellement de cloner ma configuration sans avoir veillé à la comprendre suffisamment au préalable), mais plutôt d'un résumé de la façon dont j'ai abordé le sujet enrichi de remarques face à certaines difficultés particulières.

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 Verre à moitié vide, ou verre à moitié plein

Je viens de me faire un petit concert nocturne que je ne peux que vous recommander. Dans le même temps, je me sens un rien mal à l'aise… Un sentiment de vieillesse m'envahit en réalisant que cela fait déjà un an que j'ai découvert The Dizzy Brains.

D'un autre côté, je me sens plutôt jeune si je me compare au vingtenaire Eddy Andrianarisoa. Lorsque celui-ci (vers la 18è minute de l'émission) dit que les Dizzy Brains ne peuvent pas s'exprimer à Madagascar, je me révolte : qu'est-ce qui les en empêche ?

Il n'y a pas de censure à Madagascar, il n'y a qu'un excès d'auto-censure. Je me demande en quoi un artiste est rock n'roll s'il se sent en danger à chaque fois qu'un « politicien fait une observation sur ce qu'il chante ou dit.

Peut-être parce que je suis « vieux » et que j'ai plus d'expérience du fait de me mettre en danger, je me retrouve bien plus dans la liberté de ton d'une Madonna.

Peut-être parce que je suis « vieux » et que j'ai plus d'expérience des cycles de Madagascar, je me sens bien moins blasé et plus combatif qu'Eddy… Certes, on a le droit de ne garder à l'esprit que « tous les compteurs sont au rouge », mais on a également le droit d'estimer qu'on avait plutôt l'habitude que ces compteurs soient à l'écarlate…

Peut-être parce que je suis « vieux » et que je sais qu'il se passe un temps entre le moment où l'on parle et le moment où l'on commence à vous entendre, j'invite la génération The Dizzy Brains à ne surtout pas se taire. Surtout pas en ce moment.

Car lorsque je fais mon petit bilan de l'année 2016, j'ai le sentiment qu'après l'immobilisme des années 2009 à 2014, puis l'extrême lenteur de 2015, Madagascar a retrouvé un rythme de progression un rien plus normal en cette année 2016.

Et cela n'a été possible que parce que beaucoup de « gueulantes » ont été passées ; certaines spectaculaires, d'autres beaucoup plus discrètes. Lesquelles ont été les plus efficaces ? Je ne sais trop, mais elles font partie d'un ensemble, et si elles peuvent éventuellement s'affiner, elles ne doivent certainement pas s'arrêter.

Oui, nous partons de très, très loin. Oui, la corruption, l'indolence et les délestages sont toujours là. Oui, Madagascar ne pourra pas rattraper d'un coup les gabegies et le manque chronique d'investissement1 des dernières décennies et même des dernières années. Mais oui, j'ai quand même envie de voir un verre à moitié plein plutôt qu'un verre à moitié vide.

Peut-être parce que je suis « vieux » et que j'ai une petite idée du vrai prix de la persévérance, je ne veux pas tomber dans l'indifférence.

#Madagascar #OutOfTheCage


  1. dans tous les sens du terme : financier, intellectuel et moral. ↩

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