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dimanche 09 octobre 2011

 Se faire de la bile

Alors que j'ignorais presque tout de cette maladie il y a encore 7-8 ans, j'ai du mal aujourd'hui à compter les personnes qui comptent pour moi qui sont mortes depuis d'un cancer du pancréas.

Wikipedia dit pudiquement : le cancer du pancréas est une tumeur de très mauvais pronostic. On survit rarement longtemps à ce cancer qu'on ne détecte le plus souvent que lorsqu'il commence à être au stade de la métastase. À ce moment, il est déjà inopérable et la survie médiane est de 6 mois. Je ne peux que confirmer.

Simple coïncidence ou illustration du fait que, en raison de la meilleure détection des autres cancers, celui-ci est condamné à devenir plus visible, il y eut cette semaine deux cas très médiatiques de décès suite à un cancer de pancréas.

Le comité Nobel s'est fait surprendre. Alors que depuis 1974, les statuts du célèbre Prix interdisent une remise à titre posthume, il annonçait lundi la remise du Nobel de médecine au Canadien Ralph Steinman (conjointement avec l'Américain Bruce Beutler et le Français Jules Hoffmann), alors que celui-ci était décédé trois jours plus tôt.

Il semble que Ralph Steinman ait pu prolonger sa vie en s'appliquant le résultat de ses propres recherches sur le système immunitaire. Pas suffisamment efficacement cependant pour apprendre sa récompense.

L'autre décès bien plus médiatisé est celui de Steve Jobs. Un survivant particulièrement conscient du caractère rarissime de sa situation et qui en avait retiré une leçon très forte.


[VOSTFR] Discours de Steve Jobs devant les étudiants de Stanford en 2005 recueilli par Cladouros.

L'émotion autour de la mort de Jobs est logique, car cela ne peut que glacer le sang que quelqu'un vous annonce qu'il part pour mourir, et qu'il meurt si peu de temps après. Nous sommes mortels, nous pouvons tous mourir beaucoup plus tôt que nous le croyons ; mais rares sont ceux qui apprécient qu'on le leur rappelle. Là réside sans doute une bonne part de la différence d'ampleur des réactions autour des morts de Steinman et de Jobs.

Mais l'émotion autour du décès de Jobs n'est pas due qu'à cela. Certains se glosent de cette émotion, sous prétexte qu'il n'était « qu'un » capitaine d'industrie. Comme si un capitaine d'industrie ne pouvait pas faire de sa vie une magistrale oeuvre d'art, comme si cela devait être réservé aux chefs d'orchestre, aux scientifiques, aux écrivains, ou à l'extrême rigueur, à un Enzo Ferrari...

Pour parodier un slogan publicitaire : on n'en rêvait même pas, et Jobs le faisait. Il a ouvert la route à ces bicyclettes pour nos esprits, et il l'a fait avec un sens du beau qui ne pouvait que nous rendre plus créatifs et plus inventifs. Rien à voir avec de la banale consommation.

Et encore moins avec des questions d'argent. "Being the richest man in the cemetery doesn’t matter to me… Going to bed at night saying we’ve done something wonderful… that’s what matters to me.

Normal alors qu'on se fasse un peu de bile...

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Dernière mise à jour :
1/6/2012 22:49

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