Tempêtes et verre de toaka gasy

Vue imprenable des bas-cotés de la planète, à Antananarivo.
Billet classé dans la catégorie : monde

dimanche 06 juin 2004

[ 10:46  ] Alliances et Axes

J'ai passé le début de cette semaine à Antsiranana.

Antsiranana, une ville musulmane bien plus marquée par sa baie aux couleurs turquoises que par le très lointain Ben Laden, au point que trente ans après la fermeture de la base navale française, elle est tout autant ville à matelots que port.

Dans ce port débarquent les rebuts de la flotte automobile de la Belgacom mais aussi des surplus militaires, camions tout-terrains Renault SM8 et TRM4000, ainsi que ces camions dont j'ignore la marque et le modèle d'origine mais que l'on appelle ici Kosovo, en référence à leur dernier théatre d'opération.

Pour ajouter à l'ambiance martiale en ces temps de commémoration massive, je ne peux manquer de remarquer à nouveau le cimetière britannique où reposent les victimes d'une bataille un peu oubliée opposant la France de Vichy et la Grande Bretagne.

Craignant une isolation de l'Inde, Churchill fait débarquer deux brigades britanniques le 5 mai 1942 à proximité de celle qui s'appelait alors Diego Suarez. C'est l'opération Ironclad, qui s'achève le 8 mai par la défaite des troupes françaises et malgaches.

"Ironclad was the first large amphibious assault made by British forces since the attempt to storm the Dardanelles in the First World War."

Bilan : incertain, entre 150 et 200 morts coté français, entre 105 et 131 coté britannique.

Les actions menées par les sous-marins japonais dans le canal du Mozambique poussent les britanniques à s'emparer de la totalité de Madagascar. Tananarive est prise le 23 septembre, et l'armistice est signé le 5 novembre.

Les guerres sont-elles toutes puériles ? Impossible de ne pas se le demander, lorsque la source iconographique la plus riche sur cette bataille se trouve être un site consacré aux soldats de plomb... (on peut en savoir plus sur les règles du jeu ici).

Plus haut, j'ai ressenti une légère répugnance à écrire les "troupes françaises et malgaches", me disant que cette bataille n'était en aucun point la notre, mais je m'y suis résolu en réalisant que les soldats de chair ne sont guère plus maîtres des alliances qui les gouvernent que les soldats de plomb.

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