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Mercredi 27 décembre 2000

Raz le bol de n'entendre parler de Madagascar dans les médias internationaux que sous l'angle biologique (médias anglo-saxons), la pauvreté du pays et les pitreries de ses dirigeants (médias francophones).

Bon, maintenant on va reparler de nous à cause de cette histoire de Voninahitsy Jean Eugène qui a de quoi donner envie d'émigrer en Côte d'Ivoire. Un député, qui plus est vice-président de l'Assemblée Nationale, est arrêté sans faire grand cas des dispositions de la Constitution concernant l'immunité des parlementaires, et se fait condamner en deux temps trois mouvements pour propagation de fausses nouvelles, offense au chef de l'État, et pour faire bonne mesure (car on ne voit pas pourquoi il faut associer dans le même procés ces motifs d'inculpation), émission de chèques sans provision.

Émotion logique, car en sus des problèmes de procédure, il est évident que dans un état de droit, on ne condamne pas un individu pour propagation de fausses nouvelles sans prouver que les nouvelles qu'il a propagé sont effectivement fausses. Les zélateurs et beni oui oui qui ont voulu faire un exemple et ont diligenté cette procédure auraient pu au moins se donner la peine de prouver qu'il y avait flagrant délit et intention délictueuse sur ce point, car pour l'instant c'est la parole d'un président contre celle d'un député, et ça la fout très mal de fouetter un chat pour cela... Cette république a bien signé la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, non ?

Le pire est que le sieur Voninahitsy qui se voit ainsi paré des atours du martyr, au grand détriment de la réputation du pays, ne valait pas tant d'honneurs. Franchement, si on m'avait dit que je serais amené à prendre sa défense, j'aurais rigolé doucement... Mais je ne peux plus me permettre de rigoler.

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