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Samedi 6 mai 2000

I Love your idea of split !!!

Le virus ILoveYou est arrivé jusqu'à moi via un distributeur Microsoft... Inutile de ménager un suspense inutile : cela a été un quasi-non-évènement... D'une part, je n'imaginait pas qu'un distributeur Microsoft puisse éprouver un quelconque sentiment pour mes yeux bruns, d'autre part, mon poste de travail personnel est un Mac, donc plutôt indifférent à ce genre de billevisées en Visual Basic qui tripotent la base de registre... Un regard sur l'historique des mails reçus par le serveur, installation sur le serveur de mails d'un filtre contre les pièces jointes dont le nom se termine par .vbs, et basta !

Basta ? Non, du coup, je regarde avec beaucoup plus de bienveillance la proposition du département de la Justice américain de couper en deux Microsoft... Je ne vois pas d'autre mot que consternant pour qualifier les communiqués de Microsoft sur les vulnérabilités de la messagerie Exchange à l'origine de la propagation prodigieuse de Mélissa, I Love You et leurs souches dérivées. Le plus grand éditeur mondial nous dit qu'il y a bien un problème avec Exchange et Outlook, mais il ne projette pas de corriger ce genre de problèmes... On croirait un petit marchand chinois de Behoririka qui fait mine de ne parler ni malgache, ni français, ni anglais au moment où un pigeon fait une réclamation pour un article qu'il a acheté dix minutes plus tôt !

Or, le fond du problème est bien l'intégration incestieuse des applications Microsoft avec le système d'exploitation... Microsoft en tant qu'éditeur de Windows a parfaitement le droit de proposer toute une palette d'APIs sur lesquelles les programmeurs peuvent s'appuyer ; mais tout responsable qualité sérieux d'un éditeur d'applications, n'accepterait d'adopter telle ou telle API sans de bonnes raisons applicatives... Et ce d'autant plus lorsqu'il s'agit d'éditer d'une application Internet, qui plus est une messagerie, pour laquelle le réflexe sécuritaire doit jouer à plein... car à part peut-être quelques arrogants bonshommes dont la concentration du côté de Redmond est particulièrement importante, les gens qui ont un peu de passé se souviennent encore des malheurs des premières versions de sendmail !

Mais chez Microsoft, de tels raisonnements ne semblent être de mise, puisqu'il serait injurieux envers les camarades du batiment d'en face de ne pas adopter leurs API, et qu'il serait du plus mauvais goût de ne pas montrer l'exemple en adoptant très tôt les idées de ces divas du système d'exploitation... Donc enthousiasmes successifs pour OLE, ActiveX, implémentations très personnelles des normes... Si on a un problème sur une fonction mal documentée, on peut toujours en discuter à la cafétaria ce midi... Résultat : la cacophonie actuelle, où l'on nous a prétendu qu'il était impossible de séparer Windows d'Internet Explorer, et où maintenant on nous déclare impossible de séparer Exchange des bugs. "Ce n'est pas un bug Exchange, c'est une fonctionnalité Windows !".

A ce niveau là, ça mérite une défenestration... Elève Microsoft, plutôt que de me faire cinquante lignes de recopie, vous me ferez une traduction pour cinq systèmes d'exploitation différents : ça vous apprendra à réfléchir avant d'écrire.

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