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Dimanche 26 décembre 1999

Et un dégommage de plus, un !! Les coups d'État militaires semblent de plus en plus revenir furieusement à la mode, et le fait d'être un des pays les plus chéris par la France n'est nullement une protection...

Le renversement du président ivoirien Konan Bédié dans de telles circonstances était passablement improbable, mais au-delà du service minimum d'indignation que ce vrai-faux coup d'État a suscité, il semble que la plupart des pays soient soulagés. Les dérapages de l'"ivoirité" faisaient tiquer dans une région où une longue tradition de migrations contrebalance largement les frontières héritées arbitrairement de la colonisation.

Pour ma part, je ne ferais pas partie de ceux qui regretteraient Konan Bédié, dont l'enrichissement régulier était aussi révélateur que sa volonté de rester par tous les moyens au pouvoir... mais j'espère que ces braves troufions seront aussi prompts à organiser des élections démocratiques que ceux du Niger.

En trois paragraphes, j'ai déjà cité deux fois la France et la colonisation... Certains en conclueront-ils que je suis "francoph..e" ou "francoph..e" ? À Antananarivo, depuis les dernières élections municipales, ce genre de classement semble passionner beaucoup de monde. Et l'on semble retrouver ce bon vieux XIXème siècle, avec les influences françaises et anglo-saxonnes qui s'affrontent dans ce pays du bout du monde.

J'avoue que l'émotion montrée en privé par certains me paraît assez surréaliste, car Marc Ravalomanana ne semble guère entrer dans les vêtements de Ranavalona Ière... Bon, apparemment, il semble avoir choisi le camp du Big Mac plutôt que celui du roquefort, mais les caisses enregistreuses des hypermarchés et les tiroirs-caisses des épiceries villageoises prouvent régulièrement qu'il contribue à la mondialisation du camembert (bien qu'il n'ait pas le droit d'appeler ainsi sa production, appellation d'origine contrôlée oblige) !

Relisez l'histoire de Madagascar, et vous trouverez bien d'autres individus qui ont joué la mondialisation contre la francisation... Sur le fond, la logique n'est pas si différente de celle de José Bové allant à Seattle : opposer une internationalisation à une autre...

Curieusement, presque personne n'a parlé des véritables choses que l'on peut reprocher à Marc Ravalomanana... L'individu a quand même ingénument déclaré que la moitié des dépenses occasionnées par son élection ont été prises en charge par son entreprise... ce qui constitue quand même un abus de biens sociaux et un bel aveu de méconnaissance de la gestion et de naïveté !

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