Étonnements rapides et durables

Vue imprenable des bas-cotés de la planète, à Antananarivo.

samedi 26 juillet 2003

[ 19:42:53 ] Espèce de gros son

Hier, j'avais comme la tête comme celle d'un lycéen qui venait de finir de passer son bac...

Ricky traditionnellement fait son manala azy en ce jour béni de quille. Mais malgré tout, Ricky ça ne bouge pas tout à fait assez à mon goût.

En matière de musique, Tana a tendance à me frustrer.

À part quelques rendez-vous repérés de longue date, j'ai pratiquement renoncé à écouter les radios locales à cause d'une invasion difficilement imaginable de slows sirupeux. Jugez en vous même, encore que la page complètement boguée en ce qui concerne le code Javascript obligera les moins geeks d'entre vous à utiliser cette antique horreur d'IE/Win.

Quant à la scène "rock" locale... Trente années de réalisme socialiste aidant, elle avait tendance à être surtout encombrée d'individus cherchant essentiellement à impressionner les minettes alentour par une imagerie sex, drugs and rock'n roll, imagerie que tentaient péniblement de crédibiliser quelques riffs hyper-saturés de guitare.

Pendant ce temps, les radios nous assommaient de slow rocks dont la fonction semble surtout utilitaire (aider à emballer les filles le samedi soir... efficacité non prouvée en ce qui me concerne).

Donc, lorsque Jacky m'a incité à passer voir le concert d'AmbondronA, le premier réaction a été un aveu d'ignorance, et le premier réflexe un réflexe de prudence...

Mais puisque le Z m'a dit que le sus-nommé Ambondrona bouge bien...

Car même si je n'ignore pas que Jacky a comme première mission de faire marcher son petit commerce, ce qui l'oblige à des concessions dans sa programmation, même si je sais que les heures de la nuit signifient pour lui amuser les plus jolies filles de Tana alors que je passe les mêmes heures à bloguer, même si nous ne dosons pas de la même manière la vodka orange, l'une des surprises de l'existence est que lorsque nous discutons entre 4 yeux (ce qui veut dire deux paires de lunettes) de musique, je peux me fier à lui.

Et c'est ainsi que j'ai donc associé les quelques notes déjà entendues ci et là à ce nom d'Ambondrona.

Il s'agit de six bonshommes qui ont dû prendre quotidiennement dans leur biberon une décoction de Scorpions, ce qui doit être jugé sehr gut par les autorités actuelles du pays, et leur permet, slow rocks aidant, d'être correctement présents dans les charts locaux.

Gentils et propres sur eux, ils omettent rarement de dire Misaotra tompoko après chaque morceau, ce qui tranche légèrement avec Tsar dont Tony a maintes et maintes fois déjà vanté les merveilles.

Et bien, nos petits gars à nous prouvent qu'il n'est pas forcément besoin de passer par San Francisco pour effectivement bien bouger... Pas sur scène, car l'exiguïté de celle du Blue sirocco n'incitait pas les musiciens à des gesticulations qu'ils ne semblent d'ailleurs pas pratiquer, mais ces tananariviens là au moins semblent ne pas avoir oublié que le plaisir des tympans et du pavillon de l'oreille passait par du rythme tout autant que de la mélodie.

Jeunesse du groupe oblige, le concert incluait davantage de reprises anglo-saxonnes que de compositions originales.

L'interprétation des premières aurait à mon goût gagné à être moins fidèle et respectueuse (il faudrait prendre soin de ne pas traiter Cat Stevens et The Police, même les morceaux un rien culte, comme des reliques...). Par contre, quelques unes des compositions originales (Ambondrona, Maty aho, Mikozy, Ajanony...) laissent penser qu'avec un peu plus d'assurance et d'audace (à emprunter par exemple à Samoela), ce combo pourrait tenir la distance.

Confirmation d'une bonne chose : le public, composé surtout de twenty or thirty something, se lâche un peu plus que ce que l'on n'aurait osé imaginer il y a quelques années. Mais bon, les malgaches n'en sont pas encore à pogoter...

Faites vous éventuellement une opinion personnelle via la première partie de ce reportage de la TVM datant de fin Mars (lien direct RealAudio).

Ambondrona, c'est aussi et originellement un quartier que mes parcours pédestres de retour du lycée m'amenaient à traverser fréquemment, ce avant une rééducation confiée entre autres à Sydney, "More music less talk", la Castafiore.

À l'époque, personne ne me disait passes ton bac d'abord ; aujourd'hui, il faut que je retourne au boulot m'occuper de budget. 




 | 
 Accueil |  Humour | Macintosh | Print66 | Sélection | Éditeur 
© 2003 Barijaona Ramaholimihaso
Réagissez par les liens de commentaires ou par e-mail :