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Étonnements rapides et durables

Vue imprenable des bas-cotés de la planète, à Antananarivo.

jeudi 5 juin 2003

[ 7:21:39 ] Style

Contrairement au personnel de l'éducation nationale de la Chiraquie, la langue n'est jamais en grève.

Il est des amoureux et des amoureuses de la rigueur syntaxique et de la richesse sémantique, et qui sont bien plus réactifs que l'Académie Française ou que l'OQLF pour assurer qu'une langue de qualité se maintienne, tout en évoluant pour refléter les évolutions du monde qu'elle décrit.

Il est d'autres qui sous leur écriture aux allures de langue parlé, cachent tout un travail sur les mots.

Il est d'autres encore qui se laissent complètement aller, et notamment un (repéré via Navire) qui revendique de laisser à la charge du lecteur une fonction de décryptage de ses textes dont on ne sait s'ils relèvent d'un processus stochastique ou non.

Comme il est en classe de première scientifique, je suppose qu'il sait ce que stochastique veut dire.

Bien que je ne le lirais jamais régulièrement, j'avoue une réelle sympathie pour ce carnet.

Car je reconnais à l'enseignement public malgache de m'avoir apporté beaucoup de ce que je suis.

Certains professeurs étaient meilleurs que d'autres : pour exercer ma capacité à pardonner, je pense parfois très fort à un certain professeur de mathématiques qui semblait avoir comme objectif premier de dégoûter notre classe de cette matière, et qui a failli réussir...

Mais globalement, il subsistait une volonté de faire passer un savoir auquel, même en culottes courtes, on ne pouvait être insensible.

Malheureusement, ceci était au tout début de la fameuse révolution socialiste...

Les générations qui ont immédiatement suivi la mienne n'ont pas eu cette chance, ballottées entre une malgachisation hasardeuse et une francisation impulsive.

Le résultat est assez piteux, avec toute une tranche d'âge de population qui ne semble vraiment savoir écrire ni le malgache, ni le français.

Ceci combiné avec la timidité naturelle au malgache, donne à l'expression La Grande Muette un sens autre que militaire.

Et bien, j'aimerais que beaucoup de mes compatriotes lisent le carnet sus-cité et aient moins d'angoisses existentielles face à une feuille blanche ou au moment de s'adresser à un inconnu.

Au passage, une compilation de liens linguistiques.

Et toujours pour parler de style, j'avoue que j'adore celui des interviews imaginaires de Tony Pierce, même si l'irrespect des règles de la typographie tend à m'horripiler. 




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© 2003 Barijaona Ramaholimihaso
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