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Étonnements rapides et durables

Vue imprenable des bas-cotés de la planète, à Antananarivo.

jeudi 16 janvier 2003

[ 23:44:18 ] Steve W. Hussein

Petite déception. Apple affiche au final une petite perte de 8 millions de dollars (résultat courant positif de 11 millions de dollars) ; le résultat financier et la hausse du chiffre d'affaires n'arrivent pas à compenser la baisse du taux de marge.

Avec un actif net par action de 11 $, et une liquidité par action de 12 $, je comprends mal pourquoi Merril Lynch recommande de vendre alors que le cours de l'action se traîne un peu au dessus de 14 $.

Je ne peux m'empêcher de penser que si on laissait Saddam tranquille, de telles incongruités économiques ne se présenteraient pas.

Mais il est clair que l'économie est passée derrière bien d'autres considérations pour Georges W.

Et malgré les beaux discours, ce n'est pas non plus la lutte contre le terrorisme qui est devenue la priorité : le lien entre Al Qaida et l'Irak est tellement ténu que même un Donald Rumsfeld ne se risquera à l'évoquer.

De toutes les manières, les exemples de la Lybie et de la Syrie montrent qu'il est souvent plus efficace de ramener à la raison les États "voyous" par des sanctions coordonnées de l'ONU que par des bombardements à la cow-boy : si les attaques sur Tripoli et Benghazi n'ont pas empêché Lockerbie et le DC10 d'UTA, depuis 1992 Khaddafi n'est presque plus considéré que comme un excentrique qui a juste quelques excès sulfureux à faire oublier.

Pourquoi l'Irak est-il le seul point du fameux axe du mal sur lequel on se jette à bras raccourcis ? Parce que Saddam Hussein est un dictateur qui se dote d'armes de destruction massive qu'il utilise contre son propre peuple ? Bof...

Peut-être parce que quelques conservateurs dans l'entourage de Bush ont saisi l'opportunité de satisfaire leur ambition : conquérir un empire plutôt que se contenter d'assurer la sécurité des États-Unis sur les bases actuelles, et ce même si l'opinion publique US s'est montré réticente à cette idée dans le passé.

Les priorités étant ainsi posées, on comprend mieux que les autres petits problèmes puissent attendre.

«Mais gagnerons nous, Papa ?»

«Bien sûr, mon enfant. Tout cela sera fini pendant que tu seras encore au lit.»

«Pourquoi ?»

«Parce que sinon, les électeurs de M. Bush deviendraient terriblement impatients et pourraient décider de ne pas voter pour lui.»

«Mais est ce que des gens seront tués, Papa ?»

«Personne que tu connaisses, mon chéri. Juste des étrangers

«Puis-je voir cela à la télévision ?»

«Seulement si M. Bush dit que tu le peux»

«Et après, est-ce que tout redeviendra normal ? Plus personne ne fera plus rien d'horrible ?»

«Chut, mon chéri, il est temps d'aller dormir.»

On aimerait se persuader qu'il ne s'agit que d'un scénario à la John Le Carré




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