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Étonnements rapides et durables

Vue imprenable des bas-cotés de la planète, à Antananarivo.

dimanche 12 janvier 2003

[ 5:00:11 ] 

Pfft... ça faisait longtemps que je n'étais pas allé en boite... en tout cas, c'était bien avant la crise.

Non, que je sois un bonnet de nuit, mais on ne peut pas vraiment dire que la scène nuit d'Antananarivo soit passionnante.

Il n'y a jamais à un moment donné que trois ou quatre endroits d'où transparaît un peu de sens festif ; lorsque la grâce tombe sur un de ces endroits, on y rencontre toujours les mêmes personnes, et ce jusqu'à ce que la routine ou le mercantilisme ambiant n'incite les pèlerins à chercher une autre Mecque.

Le pire est que la réserve asiatique et les convenances judéo-chrétiennes se combinent pour faire que les individus passent beaucoup de temps à s'observer les uns les autres. Du coup, les soirées mettent énormément de temps à démarrer, personne n'osant se lancer en premier sur la piste de danse...

Je reste nostalgique des meilleures années de l'Amnesia. Ayant débuté de manière assez catastrophique sur le créneau ado (Réactions du type "Ma chère amie, vous vous rendez compte, notre jeunesse est menacée par ces après-midi douteux" dans le Landernau local), cette boîte fut obligée de tenter de remonter son image en jouant sur une programmation musicale adulte, une politique de tolérance zéro en ce qui concerne les péripatéticiennes et en conséquence des videurs sensiblement plus futés que la moyenne qui ne faisaient pas de discrimination idiote sur le faciès.

Les réputations mettant plus de temps à se refaire qu'à se défaire, le lieu devint alors le bon plan secret d'un relativement petit nombre d'initiés... À cette époque, la techno n'avait pas encore été absorbée par le courant principal du show business. Je ne suis même pas sûr que le mot "techno" existait déjà, on devait parler tout simplement de musique électronique. Les DJs de l'Amnesia en tout cas passaient de la techno et du rock, ce qui tranchait avec l'empoisonnante nostalgie des années 60 et 70 des acteurs et des fils et filles de la Révolution.

Bref, le rêve. Jusqu'à la fermeture pour tapage nocturne.

Depuis, c'est assez laborieux. Règle de base : n'aller en boite que si l'on en a vraiment envie, et en boycotter quelques-unes pour des raisons variées qu'il serait peut-être trop long de raconter ici.

Le lieu où actuellement tout le monde s'agglutine s'appelle la Plage. Un restaurant, deux salles en bas constituant un seul ensemble et une autre salle en haut.

Que croyez-vous qu'il se passe ? Tout le monde se tasse en bas, où est diffusée une soupe hyper-commerciale, avec des produits marketing qui n'ont pas attendu 5 ans de diffusion en boucle sans fin pour ne plus arriver à cacher leurs limites.

En haut, de la techno, du rap... et pas un chat. Quelques individus passent une tête parce qu'ils ont vu de la lumière et entendu de la musique, mais pratiquement personne n'ose se lancer. Et la plupart se découragent très vite d'être aussi visibles qu'un nez sur une figure.

Cela paraît incroyable d'avoir pour soi tout seul une salle, et ce pendant plus d'une heure... Comme c'était ma ligne musicale, et que ça faisait donc longtemps que je n'avais pas pratiqué ce genre d'exercice défoulatoire, croyez moi, je ne me suis pas privé. Pour danser la techno, il vaut mieux avoir de la place, et là, il y en avait.

À un moment, mon pote Dominique et moi nous sommes quand même demandés si par hasard il n'y avait pas quelque chose en bas que nous manquions... mais avons rapidement battu en retraite en entendant une attaque de Gilbert Montagné.

"Notre" club "personnel" ne s'est peuplé significativement qu'à partir de 1 h du matin...

Que dire de plus, sinon relever à la suite de Chryde que ce genre de lieux semble essentiellement destiné à soulager la misère sexuelle du malheureux travailleur immigré ? Que celle de l'expatrié, qu'il ait 20 ou 60 ans, ne semble guère différer de celle du maçon qui il y a quelques années fréquentait les maisons d'abattage derrière la Gare Saint-Lazare à Paris ?

Pour ma part, j'ai du mal à trouver érotiques des ébats aux préludes marqués par les odeurs de sueur et de tabac refroidis inhérents aux lieux fréquentés...

Un moment, j'ai cru voir un couple mixte sincèrement amoureux. Désillusion une ou deux heures plus tard en voyant la jeune femme dans le parking avec une bande de garçons...

Petites sœurs qui cherchez à payer vos études ou à élever votre enfant né trop tôt, quels rêves portez-vous encore dans vos têtes ?

Bon je me couche après avoir bien nettoyé et apaisé mes oreilles avec Internet Oasis




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