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Étonnements rapides et durables

Vue imprenable des bas-cotés de la planète, à Antananarivo.

jeudi 21 novembre 2002
[ 22:59:05 ] 

Numéro Un est décédé ce 21 Novembre vers 13 h 30 de ce qui semble être un œdème pulmonaire. Les trois crises qui se sont déroulées entre hier soir, et aujourd'hui étaient tellement brutales et inattendues que je doute qu'il aurait été possible de faire beaucoup plus, même en la surveillant 24 heures sur 24. Les massages cardiaques que le vétérinaire et moi-même avons tenté n'ont pu que repousser l'échéance.

Je suis triste. L'appartement semble vide, lorsqu'elle n'est pas à mes pieds ou sous la table lorsque je suis devant mon ordinateur.

Le moment le plus difficile a été lorsqu'il a fallu ranger son écuelle. 



[ 11:58:59 ] 

Numéro Un souffre... Le rendez-vous avec le vétérinaire n'est qu'à 14 h 30. Dur, dur... 



[ 11:35:14 ] 

Images magiques de Norvège et d'Islande.

Peu d'explication sur les conditions de réalisation cependant (de toutes façons, comme c'est écrit en allemand, j'aurais du mal...), et donc on ne peut s'empêcher de se demander quelles sont les parts respectives du travail sur terrain et en labo dans la magie des couleurs.

(via Pélican



[ 04:45:17 ] 

Vers 20 h15, je rentre chez moi, et je trouve Numéro Un sur son lit, et qui y reste placidement au lieu de venir à ma rencontre en remuant la queue comme tous les jours une fois qu'elle m'a entendu. Inhabituel, mais rien de très surprenant, cette brave chienne, vu son âge (inconnu, mais vraisemblablement élevé), semble avoir quelques problèmes d'ouïe.

Après quelques câlins d'usage (c'est un coton de Tuléar, et ces braves animaux ont quelques exigences de ce type), je me mets face à mon ordinateur, et elle me suit en frétillant de la queue... Comme souvent ces temps-ci, elle s'installe à proximité du bureau, directement sur le parquet, plus frais.

Après avoir lu deux ou trois mails, il serait raisonnable de la sortir. Je l'appelle, point de réaction... Elle est couchée sur le flanc, la tête posée sur la barre d'appui. Je me penche pour lui caresser le menton, surprise, pas de réaction...

Là, je la prends carrément dans mes bras, et je constate qu'elle est inerte et que le regard est fixe...

Je la secoue, toujours pas de réactions.

Je me lève, m'agite. Rien, rien de rien... Je ne l'entends même pas respirer.

Ça tourne au mauvais épisode d'Urgences, la photogénie en moins. Je crie, j'imagine un infarctus.

Je me dis que c'est fini, que mon compagnon à quatre pattes m'a quitté...

Tentant le tout pour le tout... Avec difficulté, j'entrouvre sa bouche et je tente un bouche-à-bouche (je sais, je suis incapable de citer une marque de dentifrice pour chien). Je me rends compte que je suis en train de lui insuffler généreusement du CO2, et me dis : "tu ferais mieux d'aller à l'air libre, sur la terrasse".

À ce moment, je me rends compte de traces d'humidité sur le parquet. Dans son inconscience, elle a généreusement pissé sur moi (je savais bien qu'il était temps de la sortir).

Je cours vers la terrasse... Je la secoue, guette la moindre trace de vie... Oui !!! j'ai bien entendu, le ventre semble bouger...

Elle se met à haleter...

À cette heure-ci, où trouver un vétérinaire ? De mon portable, je téléphone pour tenter de joindre la véto qui il y a dix jours a diagnostiqué une allergie comme cause de ses difficultés respiratoires. Ça sonne libre. Je reéssaye plusieurs fois, sans succès.

Je suis toujours sur la terrasse, et n'ose ni la laisser seule là, ni la priver d'air frais en redescendant pour chercher dans un annuaire téléphonique.

J'appelle mon père, qui me rappelle l'existence d'un professeur vétérinaire du côté d'Ampandrianomby auquel j'ai déjà dû recourir. Je me souviens de tarifs relativement musclés, mais ai-je le choix ?

Je me précipite dehors, claque la porte de l'appartement... Oups ! Je tâte mes poches...

M..., je viens d'enfermer mes clès à l'intérieur de l'appartement ! Clés de l'appartement, et clés de voiture...

Ne nous attardons pas à la porte, il faut de l'air frais pour Numéro Un. Descendons.

Arrivé en bas, je la pose par terre, et surprise, voilà qu'elle se met à gambader allègrement !

Comme je n'ai pas de solution immédiate pour échapper à mon emprisonnement à l'extérieur, je me dis qu'il vaut mieux la laisser profiter de l'air frais, lui offrant même une ballade dans la rue, ce que je lui interdis d'ordinaire.

Elle semble en pleine forme, et voilà même qu'elle se met à courir derrière un chat et un autre chien qui ont le malheur de passer là. Sa capacité à agresser et à faire fuir des chiens plus gros qu'elle me surprend souvent, et plus encore à ce moment !

Lorsqu'une demi-heure plus tard, mon père, contacté par téléphone me délivre de cette situation grâce à un double des clés de l'appartement, Mademoiselle est en pleine forme, et se met à manger, peut-être pas avec son appétit habituel, mais tout à fait correctement.

C'est elle qui fait une crise d'asthme ou quelque chose de similaire, et c'est moi qui suis épuisé... 




© 2002 Barijaona Ramaholimihaso
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