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Springtime in Antananarivo

L'après-crise à Madagascar. Euh, vous avez dit après-crise ?

mardi 23 juillet 2002
[ 22:48:19 ] 

Autre mystère : si on se met à écouter RFI sur la modulation de fréquence à Antananarivo, on a l'impression que Madagascar ne fait plus partie de l'Afrique... Plus un seul des journaux consacrés au continent africain n'est diffusé sur la FM.

Paradoxe : pour entendre les reportages d'Olivier Péguy, le correspondant local de cette radio, on en est réduit à se rabattre sur les ondes courtes, comme au plus fort de la crise.

Problème de configuration d'antenne satellite, censure ou auto-censure ?

Après ces récents moments chauds, c'est peut-être une tentative un peu maladroite pour faire oublier que RFI est la voix officielle du Quai d'Orsay.

RFI s'était assez ostensiblement fait le relais des « membres du "syndicat" des chefs d'Etat africains, notamment la "clientèle" des francophones, qui avaient "voté Chirac"». L'expression n'est pas de moi, mais celle d'un autre journaliste de RFI connaissant très bien Madagascar, qui l'a utilisée avant le basculement récent.

Ce fameux syndicat, dont le pragmatisme à géométrie variable semble surtout avoir pour vocation de défendre les sortants, se retrouve logiquement affaibli avec les décisions du Sénégal, de l'Ile Maurice et du Burkina-Faso de reconnaître Ravalomanana comme Président de Madagascar.

Si les motivations de l'Ile Maurice sont clairement économiques, le Sénégal et le Burkina n'ont rien de spécial à gagner en adoptant leur attitude actuelle.

Il faut alors vraiment être à la botte d'un Mugabe pour écrire sans rougir que l'Union Africaine sort annoblie de sa gestion du «cas» Madagascar. Le citoyen de base, lui, ne peut s'empêcher de conclure : l'UA est en apparence conçue pour être une force de réforme sur le modèle de l'Union Européenne, mais ce début n'augure rien de bon.

Et cette conclusion, on peut la tirer que l'on soit originaire de Detroit, d'Antananarivo, d'Abuja, de Ouagadougo... Dur, dur pour le syndicat...

[ 00:50:06 ] 

Mystère : pourquoi les médias anglophones suivent plus l'actualité de Madagascar une fois la crise achevée ? La spectaculaire augmentation des salaires des ministres attire l'attention de VOA et de la BBC. Rien vu sur RFI et sur l'AFP.

Les Thaïlandais espèrent encore nous vendre du riz... Un peu délicat, compte tenu de tous les trafics à connotation politique qui ont émaillé l'importation de riz au cours des dernières années (c'est à ce genre de détails qu'on réalise que les votes des paysans, on savait qu'on pouvait en faire ce que l'on en voulait).

Qui plus est, la récolte de riz est bonne cette année.

En espérant que la pénurie de carburant ne pénalise pas la collecte, et que pour l'avenir, les criquets ne s'en mêlent pas... Ça nous rappelerait trop les années Zafy Albert.


© 2002 Barijaona Ramaholimihaso
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