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Sushis en république Ranjalia

Antananarivo, Madagascar, entre Afrique et Asie, entre Dakar, Séoul et Tokyo.

mercredi 12 juin 2002
[ 23:57:45 ] 

En plus plaisant que celle d'ici, chronique de guerre.

[ 23:54:43 ] 

Toujours dans l'article de notre «compatriote» Monique Chemillier-Gendreau, ces mots d'un poids terrible :

Si un peuple ou un groupe humain pose une juste revendication pour sa survie ou sa liberté, alors il mérite d'être soutenu dans des voies de résistance à l'oppression et au pillage. C'est dans le refus de ces voies que réside l'inhumanité. Les actes barbares qui en découlent ensuite sont évidemment condamnables, mais au même titre que cette inhumanité à laquelle nous participons.

Quoi qu'en pense la communauté internationale, nous brisons les barrages. Le prix risque d'être lourd, mais ce que la population endure est-il léger ?

[ 23:29:42 ] 

Est-ce que je me trompe ou le porte-parole du Quai d'Orsay semble se moquer éperdument de ce que peuvent penser les malgaches de la situation à Madagascar ?

Effectivement, la communauté internationale cherche à favoriser une sortie de crise à Madagascar. Comme nous l'avons dit hier, c'est une très bonne chose qu'un plan de sortie de crise ait pu être adopté par les chefs d'Etat africains facilitateurs à Dakar et une procédure définie pour poursuivre ce processus sous les auspices de l'OUA et de l'ONU. La prochaine étape, comme vous le savez, c'est la transmission de ce plan à l'OUA.

Autrement dit, il n'était même pas nécessaire de faire venir les deux bonshommes à Dakar ? Pourquoi alors avoir insisté en ce sens, au point de laisser Rainilaikely profiter de ses «vacances à domicile», loin de la pseudo-sollicitude de Radidy ?

La France appuie les efforts de médiation africains pour que les deux protagonistes se rendent à Dakar le 8 juin prochain. Aucune condition préalable ne doit être avancée qui détourne de cet objectif.

Parmi les articles recommandés par les lecteurs du Monde, celui intitulé «Une France est une nation rabougrie, fermée...,» par Monique Chemillier-Gendreau :

La clameur pacifiste du peuple malgache affirmant sa volonté de se débarrasser d'un dictateur usé a été ignorée. Les relations franco-africaines n'ont fait l'objet d'aucune remise en cause.

(...)

Les interférences entre nos vies et celles d'ailleurs ne sont visibles que par les migrations, mais la réponse quasi unanime est dans l'erreur fatale du mur, de la séparation, du cantonnement. Et les demandeurs d'asile comme les migrants viennent s'échouer aux portes de notre pays, dont l'étanchéité est sans cesse renforcée.

(...)

Mais nous sommes partie prenante de la politique africaine par nos réseaux douteux jamais démantelés et notre appui indéfectible à des tyrans assis sur la misère. Nous le sommes, plus généralement, par les interdépendances nées du marché mondial, des prix des matières premières, d'une division internationale du travail qui nous reste hautement profitable. Politique de domination, donc contraire à l'idée de démocratie universelle, et silence gêné devant des trafics mafieux dont bien des acteurs appartiennent à notre communauté nationale ont caractérisé jusqu'ici notre politique étrangère.

(...)

A exporter ou favoriser de la non-démocratie ailleurs, nous avons corrompu nos institutions et dénié nos valeurs.

Les français semblent toujours autant touchés dans leur bonne foi lorsqu'ils découvrent que certains les trouvent arrogants. Il y a 4 ans, ils se voyaient débarassés de Le Pen avec une équipe black-blanc-beur. Ce n'est pas leur faire injure que de remarquer que les promesses de 1998 n'ont guère été suivies de persévérance, et que l'on peut comprendre le sentiment de «Schadenfreude» (malin plaisir) de leurs voisins.

Qu'ils se rassurent, cela ne frappe pas qu'eux.

Qu'ils s'inquiètent, il n'est pas très normal qu'à 10000 km, ils soient considérés comme étant des voisins.


© 2002 Barijaona Ramaholimihaso
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