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Sushis en république Ranjalia

Antananarivo, Madagascar, entre Afrique et Asie, entre Dakar, Séoul et Tokyo.

vendredi 26 avril 2002
[ 07:52:39 ] 

Préambule : les manifestations contre Le Pen me sont plutôt sympathiques...

Elles ont en commun avec les manifestations qui ont eu lieu à Madagascar d'impliquer largement les femmes et les jeunes. J'espère que l'on ne considèrera pas comme condescendant de ma part le fait de dire que le taux de présence de ces deux catégories dans une manifestation est un bon indice de l'ancrage social et non pas politicien d'un mouvement.

Il y a beaucoup de lycéennes et lycéens ; contrairement à leurs homologues malgaches, ils ne portent pas de blouses bleues ou beiges. Mais on devine des élans communs à tous ceux qui n'ont pas encore le droit de vote à travers les océans et à travers les âges.

De mes propres émois lycéens, je garde un souvenir un rien proustien de mes premières bouffées de grenades lacrymogènes (à l'époque, c'était déjà Ratsiraka et Chirac, c'est vous dire...), mais aussi une méfiance profonde vis à vis de la présence éventuelle de casseurs téléguidés (avec une leçon : plus une manif est importante, paradoxalement plus est facile la tâche de son service d'ordre) et une conscience de l'importance d'un bulletin de vote.

Conscience accrue plus tard par le fait d'être pendant des années étudiant à l'étranger, privé du droit de s'exprimer par le suffrage "universel".

Il m'est arrivé de ne pas voter. Mais, contrairement à ce qui se passe en France, pas parce que l'élection paraissait courue d'avance, ou parce que l'enjeu ne paraissait pas intéressant ( Que faisiez vous dimanche, il faisait si beau ? ). Mais uniquement lorsque le recours à la fraude s'annonçait par trop énorme pour pouvoir être contré.

L'un des malheurs permanents de Madagascar, c'est qu'il n'y a pas de sondages d'opinions. L'un des malheurs présents de la France, c'est qu'il y tellement de sondages, qu'on a cru bon d'interdire ceux-ci dans la dernière ligne droite...

Faute de sondages, et par crainte des fraudes, les malgaches ont voté "utile". A cause des sondages, mais aussi faute de sondage publié le dimanche matin, les français ont cru avoir le luxe de voter "sentimental".

On ne prend jamais assez de précautions. Promis, juré, craché ? Et je promets de ne plus jamais penser qu'il y aura "logiquement" un deuxième tour.

Pour l'instant, nous faisons du sur-place, en attendant toujours les résultats de notre premier tour à nous. Par manque de kérosène, impossible de vouloir jouer les touristes de l'espace ; il ne me reste guère que la gym en appartement ; mais malgré tous mes efforts, je ne peux hélas espérer un sort aussi glorieux que celui de Spice Man. Ce monde est sans pitié...


© 2002 Barijaona Ramaholimihaso
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