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Sushis en république Ranjalia

Antananarivo, Madagascar, entre Afrique et Asie, entre Dakar, Séoul et Tokyo.

dimanche 24 février 2002
[ 23:47:31 ] 

Je vais commettre une violation du Code Électoral (j'espère que l'on ne va perquisitionner chez moi pour cela) : je vais révéler que j'ai voté pour Herizo Razafimahaleo le 16 décembre dernier. Selon que l'on prenne les chiffres du Consortium (sans projection), du Ministère de l'Intérieur, de la HCC ou de Tiako i Madagasikara, nous pourrions être 3,85%, 4,27%, 4,22% ou 3,73% à nous être égarés ainsi auprès du poids lourd physique plutôt que des poids lourds politiques. Prière de ne pas rire... et puis mince alors, je n'ai pas à me justifier sur ce coup là.

Combien parmi cette minorité sont irrités d'entendre à longueur de journée la formule "président auto-proclamé" ? Tout d'abord, la langue française peut être plus riche que cela pour éviter de nous écorcher les oreilles avec de telles répétitions : je suggère en vrac "chef d'État nommé par l'insurrection tranquille","président proclamé par les manifestants", "président proclamé par l'opposition à Didier Ratsiraka", voire "chef d'État insurrectionnel" que je trouve moins insultant...

Le mot "auto-proclamation" fait quand même bien peu de cas des centaines de milliers de manifestants qui constituent quand même l'une des données (si ce n'est LA donnée) politiques majeures du moment...

Ce mot donne surtout l'image d'un Marc Ravalomanana aventurier, espèce de Général Alcazar de bandes dessinées... Je n'ai pas voté Ravalomanana, mais il me semble quand même, d'après ce communiqué, et celui-ci, qu'il est un peu plus responsable que ça...

[ 07:16:19 ] 

État zéro de nécessité nationale : rappeler à Didier Ratsiraka, pour sa prochaine tournée en province, que si "anticonstitutionnellement" est le mot le plus long de la langue française, il est battu à plates coutures par "precipitevolissimevolmente" qui vient du pays dont les couleurs nationales sont les mêmes que celles du pays du "moramora". Si vous avez besoin d'une traduction, allez ici).

Je n'arriverais pas à dire dans les diners en ville que la crise à Madagascar est la recherche par un peuple superextraordinarisimo du moyen de sortir precipitevolissimevolmente d'une situation constitutionnellement inextricable, mais j'espère que vous comprenez l'idée.

Premier état de nécessité nationale : profiter de l'attention des médias internationaux pour dire avec force au monde que les noms malgaches ne sont pas difficiles à prononcer. Pas plus que ceux (choisis pas tout à fait par hasard, je le reconnais...), de Gloria Macapagal Arroyo et de Vojislav Kostunica.

A-t-on utilisé à leur propos le terme d'auto-proclamation ? Ce dimanche matin, Google m'autorise à penser que non... Et pourtant... Pour les coupeurs de cheveux en quatre, la façon dont la première a accédé au pouvoir peut sembler douteuse, tant sur le plan légal que politique. Il faut rappeler que la chute d'"Erap" (que je me risquerais à traduire en malgache par "Deba"), a eu lieu après l'échec d'une motion d'"impeachment", grâce à des manifestations animées essentiellement par les seules classes moyenne et bourgeoise d'une seule ville, Manille. Et qu'un moteur important de l'accession au pouvoir d'Arroyo a été le retournement de l'armée.

Quant à Vojislav Kostunica, si on se targue de légalité constitutionnelle, pourquoi ne pas relever ceci ? Faudrait-il que les malgaches ignorent qu'il a fallu une insurrection pour qu'il arrive au pouvoir, alors qu'il y avait des élections avec des observateurs internationaux ?

Pourquoi ma page Web a-t-elle été rebaptisée "Nécessité, urgence, manque de pot..." ? J'espère que vous avez compris pour nécessité et urgence... Pour manque de pot, mon coté potache devait penser inconsciemment au yaourt dans lequel nous pédalons actuellement, mais aujourd'hui je pense surtout à ceci : la malchance d'être d'un pays du Sud, qui ne s'intéresse pas aux sports d'hiver...

Du coup, tous les malgaches, tous, nous avons oublié quelque chose en attendant le premier "coup d'état" au monde annoncé publiquement 48 heures à l'avance. Nous avons oublié que cela aurait lieu un vendredi, veille de week-end, et qu'un évènement autrement plus important pouvait accaparer l'esprit de certains fonctionnaires du Quai d'Orsay à ce moment là.

Mon esprit tortueux n'arrive à expliquer que par ce tragique concours de circonstances, qu'ils n'aient pas pris le temps de chercher des parallèles à la situation malgache actuelle avant de préparer une déclaration... Dans leur précipitation pour rejoindre leurs pénates, ils ont oublié ceci (si vous ne devez cliquer que sur un seul lien de cette rubrique, c'est celui là...)...

Allez, on les aime bien quand même... Sincèrement. Mais le problème des écrits, c'est qu'ils restent et que les moteurs de recherche permettent de les retrouver...


© 2002 Barijaona Ramaholimihaso
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