Étonnements rapides et durables

Ahanements d'octets austraux

 Jirōkaki, bilan performance/prix

Ceux qui auront lu depuis le début auront sans doute compris que le côté performance ne m'a pas vraiment accaparé dans cette démarche de construction d'un hackintosh. Contrairement à d'autres, je ne suis pas un gamer sous Windows en quête du matériel le plus récent et le plus performant… J'ai retenu une configuration à base de Skylake un peu par défaut et parce que l'économie d'énergie me donnait meilleure conscience. Mais si d'ici Madagascar j'avais eu accès à un large marché de l'occasion pour les composants PC, le souci du développement durable aurait sans doute passé par une démarche récupération et recyclage qui aurait par ailleurs très probablement facilité la configuration logicielle.

Alors si j'ai eu envie de faire un petit bilan performance, c'est avant tout pour vérifier que tout marche correctement. Il y avait en effet de quoi s'étonner de ne jamais voir le ventilateur de la carte mère s'activer, comme si cette carte graphique ne travaillait pas… D'autant que les utilitaires disponibles pour suivre en temps réel l'activité de la carte graphique (XRG et iStat Menus) affichaient des données contradictoires sur le type de carte utilisée.

Alors, que disent les benchmarks ? J'ai rapproché mes mesures de celles disponibles sur MacGeneration.

Benchmarks orientés CPU et cartes graphique
iMac Retina 21,5" Core i5 3,1 GHz fin 2015 iMac Retina 27" Core i5 3,2 GHz fin 2015 iMac Retina 27" Core i7 4,0 GHz fin 2015 Jirōkaki Core i5 3,9 Ghz
Geekbench 4 simple cœur 3 788 3 956 4 450 4 573
Geekbench 4 multiples cœurs 12 690 12 110 17 439 11 347
Unigine Valley benchmark (Ultra, antialiasing x8, 1080 p)  4,9 22,6 28,3 33,4
LuxMark 2 OpenCL (CPU+GPU, Sala Scene) 424 976 1 383 1 710
Cinebench R15 (OpenGL) 47,08 94,10 108,15 101,83

Globalement, il y a largement là de quoi être rassuré. Tout n'est pas très homogène1, il y a peut-être encore de quoi optimiser la configuration logicielle (sans même aborder les rives un peu dangereuses de l'overclocking matériel), mais la machine tient son rang et la carte nVidia répond bien présente même si son élévation de température reste si limitée que son ventilateur tourne à peine…

Mais une autre conclusion s'impose, et celle là est économique. Ma configuration m'a coûté à l'époque un peu plus de 1 350 €. Avec la fluctuation du dollar et des prix de la mémoire, son prix actuel France serait proche de 1 415 €. Mais si j'avais dû rajouter le prix d'un clavier Apple (Magic Keyboard ou clavier USB avec pavé numérique), d'un Magic Trackpad et surtout le prix d'un écran comparable à ceux des iMacs présentés ci-dessus, j'aurais sans doute regretté d'avoir monté un hackintosh.

En fait, au vu du prix d'un bon écran 5K, les iMac 27 pouces Retina sont d'excellentes affaires !

Je continue à trouver relativement chers les Macs actuellement disponibles au catalogue Apple, mais leur prix me paraît quand même plus logique que je ne le pensais auparavant. Car la qualité des composants et de la finition n'est pas la même. On a tendance à comparer les fiches techniques des hackintosh à celles de Macs de haut de gamme, mais lorsqu'on ouvre les capots et qu'on y regarde de plus près, force est de constater qu'il y a quelques différences sensibles… Et lorsqu'on doit brancher et débrancher souvent les périphériques d'un hackintosh, on se dit que ces fabricants de PC sont bien arriérés !

Monter un hackintosh m'a ainsi permis de réaliser de manière moins abstraite qu'il y a dans un Mac de la vraie R&D spécifique à Apple, parce que le constructeur à la pomme a cherché à devancer le reste du marché dans certains domaines, notamment l'économie d'énergie ou la gestion de certains périphériques. Cela se traduit par des fonctionnalités qu'un hackintosh ne parvient toujours pas à reproduire aujourd'hui (exemple : pas de hot plug de périphériques Thunderbolt sur un hack), mais cela trahit aussi des spécificités matérielles qui doivent contribuer à renchérir le prix sortie usine d'un « vrai » Mac.

Le problème est que ces spécificités doivent être amorties sur un bien plus faible nombre de machines que dans le modèle économique de l'iPhone, modèle où qui plus est, le haut de gamme de l'année passée (6s ou 6s Plus) peut devenir le milieu de gamme de cette année. Pas facile de faire ça avec les Macs où les nouveaux modèles poussent plutôt les anciens vers la sortie…

Du coup, je me dis que si j'étais à la place d'Apple, je serais assez tenté de casser la compatibilité de macOS afin de pouvoir réaliser des économies d'échelle en mutualisant un plus grand nombre de composants avec les iDevices… Cela ferait sûrement crier beaucoup d'utilisateurs, mais n'est-ce pas la voie de l'avenir ?

J'espère qu'une autre voie sera également explorée par Apple : dé-{bundler} écran et unité centrale et chercher à être compétitif en build to order dans un format boîte à pizza. Ce serait une vraie démarche écologique, car elle permettrait de mieux adapter les machines aux besoins réels des utilisateurs et de conserver plus longtemps les périphériques.

Oui, les dirigeants d'Apple sont bien placés pour savoir que la modularité ne paie pas toujours, mais les années ont démontré que le Mac ne doit pas être vu comme un simple iPad. Par ailleurs, la lente décroissance des ventes de ce dernier permet de rappeller à Tim Cooke et à ses collègues que même dans les pays très urbains, il y a toujours une demande pour les SUVs et camionnettes.


  1. Faut-il encore accuser les mémoires, disposées en single channel dans la performance CPU en multiple cœurs ? ↩

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 Jirōkaki, premier bilan et résumé

À la demande pressante de la foule (bon, n'exagérons rien, juste une poignée de geeks), je fais un bilan et un résumé de la vie avec un hackintosh. Pour ceux qui ont manqué les épisodes précédents, ils portaient sur le pourquoi de la chose et le choix du matériel.

Il ne s'agit pas d'un guide complet (je déconseille d'ailleurs formellement de cloner ma configuration sans avoir veillé à la comprendre suffisamment au préalable), mais plutôt d'un résumé de la façon dont j'ai abordé le sujet enrichi de remarques face à certaines difficultés particulières.

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 Verre à moitié vide, ou verre à moitié plein

Je viens de me faire un petit concert nocturne que je ne peux que vous recommander. Dans le même temps, je me sens un rien mal à l'aise… Un sentiment de vieillesse m'envahit en réalisant que cela fait déjà un an que j'ai découvert The Dizzy Brains.

D'un autre côté, je me sens plutôt jeune si je me compare au vingtenaire Eddy Andrianarisoa. Lorsque celui-ci (vers la 18è minute de l'émission) dit que les Dizzy Brains ne peuvent pas s'exprimer à Madagascar, je me révolte : qu'est-ce qui les en empêche ?

Il n'y a pas de censure à Madagascar, il n'y a qu'un excès d'auto-censure. Je me demande en quoi un artiste est rock n'roll s'il se sent en danger à chaque fois qu'un « politicien fait une observation sur ce qu'il chante ou dit.

Peut-être parce que je suis « vieux » et que j'ai plus d'expérience du fait de me mettre en danger, je me retrouve bien plus dans la liberté de ton d'une Madonna.

Peut-être parce que je suis « vieux » et que j'ai plus d'expérience des cycles de Madagascar, je me sens bien moins blasé et plus combatif qu'Eddy… Certes, on a le droit de ne garder à l'esprit que « tous les compteurs sont au rouge », mais on a également le droit d'estimer qu'on avait plutôt l'habitude que ces compteurs soient à l'écarlate…

Peut-être parce que je suis « vieux » et que je sais qu'il se passe un temps entre le moment où l'on parle et le moment où l'on commence à vous entendre, j'invite la génération The Dizzy Brains à ne surtout pas se taire. Surtout pas en ce moment.

Car lorsque je fais mon petit bilan de l'année 2016, j'ai le sentiment qu'après l'immobilisme des années 2009 à 2014, puis l'extrême lenteur de 2015, Madagascar a retrouvé un rythme de progression un rien plus normal en cette année 2016.

Et cela n'a été possible que parce que beaucoup de « gueulantes » ont été passées ; certaines spectaculaires, d'autres beaucoup plus discrètes. Lesquelles ont été les plus efficaces ? Je ne sais trop, mais elles font partie d'un ensemble, et si elles peuvent éventuellement s'affiner, elles ne doivent certainement pas s'arrêter.

Oui, nous partons de très, très loin. Oui, la corruption, l'indolence et les délestages sont toujours là. Oui, Madagascar ne pourra pas rattraper d'un coup les gabegies et le manque chronique d'investissement1 des dernières décennies et même des dernières années. Mais oui, j'ai quand même envie de voir un verre à moitié plein plutôt qu'un verre à moitié vide.

Peut-être parce que je suis « vieux » et que j'ai une petite idée du vrai prix de la persévérance, je ne veux pas tomber dans l'indifférence.

#Madagascar #OutOfTheCage


  1. dans tous les sens du terme : financier, intellectuel et moral. ↩

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 Un vieux avec un discours très frais

Ses détracteurs et la plupart des marketeurs politiques ont sans doute de bonnes raisons de le décrire comme un hommme trop mou, trop calme, trop post-soixante huitard…

N'empêche que je trouve qu'il n'y a pas que les Autrichiens qui ont besoin de ce genre de discours trop long, trop calme, mais surtout très frais.

(Ce genre de discours est tellement inaudible de nos jours qu'il faut cliquez sur l'icône de haut-parleur pour l'entendre)

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 Perturbantes questions…

La presse n'a pas rapporté le fait, mais j'ai trouvé la situation si particulière que je ne résiste pas à la tentation de rendre compte…

C'était mardi dernier, au ministère de l'Environnement, de l'Écologie et des Forêts.

Une question de journaliste qui a un peu cassé l'ambiance :

Monsieur le ministre sortant, vous avez essayé de faire la lumière sur l'affaire Singapour, est-ce que c'est pour cela que vous n'êtes plus au gouvernement aujourd'hui ? Madame la ministre, est-ce que vous allez faire de l'affaire Singapour une priorité de votre mandat ? Est-ce que vous allez par exemple demander une enquête au niveau malgache ?

Dans le même genre, des questions qu'une connaissance, d'un air mi-figue mi-raisin, a proposé de poser à la nouvelle ministre :

  1. pourquoi avez vous accepté ce poste, alors que c'est le Président, son entourage et son parti HVM qui bloquent toute évolution dans la bonne gestion des ressources naturelles et dans la poursuite des infractions ?

  2. Croyez-vous qu'il est sage d'intégrer une bande de loups pour ensuite vouloir garder les moutons ?

  3. Que croyez vous pouvoir faire dans votre nouvelle fonction et où allez vous chercher vos alliés pour vos projets ?

Je ne me vois pas réellement poser de telles questions en termes aussi abrupts, mais l'attention est de rigueur…

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